State Building through Political Disunity in Republican China

Numéro spécial de la revue Twentieth-Century China (vol. 47, n°1, janv. 2022), co-édité par Xavier Paulès et David Serfass, intitulé « State Building through Political Disunity in Republican China »
Table des matières : http://hstcconline.org/twentieth-century-china/

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Table of Contents

Editorial  by MARGHERITA ZANASI

Special Issue: State Building through Political Disunity in Republican China
Xavier Paulès and David Serfass, Guest Editors

Introduction. Questioning the Teleology of the Central State in Republican China
Xavier Paulès and David Serfass

The Rise of Municipal Government in Early Twentieth-Century China: Local History, International Influence, and National Integration 
Kristin Stapleton

War, Disunity, and State Building in China, 1912–1949 
Emily M. Hill

Migration and State Making: A Beiyang Settlement Scheme along the Amur in 1921
Pierre Fuller

Warlords at Work: Four Crucial Realms and Four Dynamics of State Building in Republican China, 1916–1937
Xavier Paulès

A Critical Dimension of State Building: Taxation in Nationalist China, 1928–1949
Xiaoqun Xu

Health and State Making: The Expansion of State Health Services during the War of Resistance against Japan (1937–1945)
Nicole Elizabeth Barnes

Collaboration and State Making in China: Defining the Occupation State, 1937–1945
David Serfass

Review Essay

Subject to the State: Language and Data in Twentieth-Century China 
Rebecca E. Karl

Book Reviews (online at muse.jhu.edu/journal/390)

Jeremy Brown, June Fourth: The Tiananmen Protests and Beijing Massacre of 1989, reviewed by Brian DeMare.

John A. Crespi, Manhua Modernity: Chinese Culture and the Pictorial Turn, reviewed by Li Guo.

Peter E. Hamilton, Made in Hong Kong: Transpacific Networks and a New History of Globalization, reviewed by Kent Wan.

Jie Li, Utopian Ruins: A Memorial Museum of the Mao Era, reviewed by Di Luo.

Xiaoyuan Liu, To the End of the Revolution: The Chinese Communist Party and Tibet, 1949–1959, reviewed by C. Patterson Giersch.

Yvon Wang, Reinventing Licentiousness: Pornography and Modern China, reviewed by Leon Antonio Rocha.

Peter Zarrow, Abolishing Boundaries: Global Utopias in the Formation of Modern Chinese Political Thought, 1880–1940, reviewed by Matthew Galway.

(source : Project Muse)

David Serfass est Maître de conférences en histoire de la Chine et de l’Asie orientale, à l’Inalco, et membre du comité de rédaction de la revue Etudes chinoises.

Xavier Paulès est Maître de conférences à l’EHESS, et membre du CECMC.

Questioning the Teleology of the Central State in Republican China

Xavier Paulès, David Serfass, « Questioning the Teleology of the Central State in Republican China », Twentieth-Century China, vol. 47, n°1, janv. 2022, p. 3-10.
https://muse.jhu.edu/article/842938

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No doubt the expansion of the reach of the state can be considered one of the prominent features of the twentieth century. Many studies have described this process in Western Europe and beyond. In the case of China, however, there is a marked tendency in the historiography to assume that, except for the Qing dynasty’s lastditch efforts to modernize from 1901–1911 with the New Policies (新政 xinzheng) reforms and a short-lived attempt during the Nanjing Decade (1928–1937), the first half of the twentieth century represented, for the most part, a discontinuation in the process of state building.
It was in order to question this assumption that we organized a conference on « State-Building through Political Disunity in Republican China, » held in Paris at EHESS (École des hautes études en sciences sociales) in September 2018. The idea was to target the Republican period (1912–1949) as one of critical importance in the process of state building in modern China. (source : Project Muse)

David Serfass est Maître de conférences en histoire de la Chine et de l’Asie orientale, à l’Inalco, et membre du comité de rédaction de la revue Etudes chinoises.

Collaboration and State Making in China: Defining the Occupation State, 1937–1945

David Serfass, »Collaboration and State Making in China: Defining the Occupation State, 1937–1945″, Twentieth-Century China, vol. 47, n°1, janv. 2022, p. 71-80.
https://muse.jhu.edu/article/842935

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Recent works on collaboration during the Second Sino-Japanese War (1937–1945) have contributed much to the field by focusing on the concrete functioning of institutions in occupied China. Yet, a more systematic definition of the process by which these institutions took shape is necessary in order to better understand how state making in occupied China relates to the longue durée of the Chinese state, on the one hand, and to Japan’s imperial endeavor, on the other. This article aims to fill this gap by proposing a new definition of state making in occupied China and providing an overview that clarifies both the chronology of the occupation state and the roles of key actors within it. Ultimately, it makes the case for a reassessment of the occupation state as one of the competing political realms that contributed to shape the modern Chinese state. (source : Project Muse)

David Serfass est Maître de conférences en histoire de la Chine et de l’Asie orientale, à l’Inalco, et membre du comité de rédaction de la revue Etudes chinoises.

Redevenir des héros

David Serfass, « Redevenir des héros », Le Point, 16 décembre 2021 (chapô : « Pour mieux légitimer sa place de superpuissance dont elle estime avoir été spoliée en 1945, la Chine réinterprète sa guerre de quatorze ans contre le Japon. Une révision à double tranchant qui implique Taïwan. »).

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« Pour mieux légitimer sa place de superpuissance dont elle estime avoir été spoliée en 1945, la Chine réinterprète sa guerre de quatorze ans contre le Japon. Une révision à double tranchant qui implique Taïwan.

Plus gros succès chinois du box-office en 2020, le film La Brigade des 800, réalisé par Guan Hu, met en scène un épisode fameux de la guerre sino-japonaise (1937-1945). Entre le 26 octobre et le 1er novembre 1937, 423 soldats chinois, qui prétendent être le double pour effrayer l’ennemi, se retranchent dans un entrepôt de Shanghai et opposent une résistance acharnée aux troupes japonaises. Leur courage n’infléchit pas le cours de la guerre, qui voit l’armée impériale prendre Nankin quelques semaines plus tard en s’y livrant aux pires exactions. […] (source : Le Point Hebdo)

David Serfass est Maître de conférences en histoire de la Chine et de l’Asie orientale, à l’Inalco, et membre du comité de rédaction de la revue Etudes chinoises.

Pensée tibétaine et métaphysique analytique : Moi, identité, personne

Stéphane Arguillère (IFRAE) et Frédéric Nef (EHESS) lancent un séminaire de philosophie comparée : Pensée tibétaine et métaphysique analytique, consacré cette année au thème suivant : Moi, identité, personne.

Dates

Les séances auront lieu le jeudi de 15h à 17h, aux dates suivantes : 18/03 ; 25/03 ; 01/04 ; 08/04 ; 15/04 ; 06/05.Salle : LO.02 , 2 rue de Lille, Paris 7ème (ou: https://zoom.us/j/98237579739)

Contact : stephane.arguillere@inalco.fr.

Situation

En dépit de l’abondance de publications anciennes et récentes d’excellente qualité, le monde philosophique francophone s’est fermé après-guerre (et surtout dans les trente dernières années) presque à tout dialogue pensant avec les « philosophies d’ailleurs », notamment les plus étrangères au phylum grec (platonico-aristotélicien). Or, à la rentrée 2019, le programme de philosophie des classes de terminale a été élargi à plusieurs penseurs non-européens, dont deux entièrement étrangers à cette tradition européenne : Nāgārjuna (Inde) et Zhuangzi (Chine) – mais aussi Maïmonide et Avicenne, en plus d’Averroès qui y figurait déjà. L’Inalco et l’IFRAE s’appliquent à prendre toute leur place dans cet intérêt renouvelé pour les « philosophies d’ailleurs ». Les problèmes ne sont pas symétriques pour tous ces auteurs : si le coefficient d’étrangeté, pour nous, des penseurs du monde juif ou arabo-musulman est bien moindre (parce qu’ils sont profondément nourris d’aristotélisme et de néoplatonisme), le cas de Zhuangzi est autre, parce qu’il fait peut-être éclater le cadre de ce que nous appelons philosophie. Il n’en va pas de même de la pensée indienne et notamment de la scolastique bouddhique avec ses prolongements tibétains (mais aussi chinois, etc.), qui combinent étrangeté culturelle maximale et rationalité philosophique maximale – ce qui est optimal pour le travail envisagé ici.  La pensée indienne, notamment la scolastique bouddhique et plus spécialement tibétaine a en commun avec métaphysique occidentale, issue d’Aristote, l’usage, du commentaire, de la dispute, du recensement des postulats etc. En ce sens cette partie de la philosophie indo-tibétaine représente un champ d’étude privilégié, que nous voudrions mettre en relief dans notre séminaire.

中国与韩国新儒学视野下“道统”的建立与诠释 (Constructing and Interpreting the Daotong in the Perspective of Chinese and Korean Neo-Confucianism)

Frédéric Wang, rédacteur invité, Zhedong xueshu 浙東學術 (dir. Dong Ping 董平), n°4, 中国与韩国新儒学视野下“道统”的建立与诠释 (Constructing and Interpreting the Daotong in the Perspective of Chinese and Korean Neo-Confucianism), 2020.

La revue a repris les actes d’un colloque international « Constructing and Interpreting the Daotong (Transmission of the Way) in the Perspective of Chinese and Korean Neo-Confucianism », coorganisé avec l’Inalco (Frédéric Wang, IFRAE), l’Université Sungkyungwan de Corée du Sud et le Réseau des études sur la Corée (Kim Daeyeol, Isabelle Sancho et Choi Young Jin) au printemps 2013. Lien du programme.

IFRAE :

Liu Hong, « 北宋时期新儒学发展中儒仕和僧人的关系:根据叶梦得(1077-1148)笔记 » [Les relations entre lettrés et moines dans le développement du néo-confucianisme à l’époque des Song du Nord: d’après le biji de Ye Mengde (1077-1148)], p.61-70;

Joseph Ciaudo, « 张君劢视韩愈为“理学的先驱”的史学思考 » (Réflexions historiques sur la considération par Zhang Junmai de Han Yu comme « pionnier du néo-confucianisme »), p. 117-128;

Frédéric Wang, « 从杨简到刘宗周“意”的概念的转变 » (La transformation de la notion de « yi » de Yang Jian à Liu Zonghzou), p. 103-116.

Constructing and Interpreting theDaotongin the Perspective of Chinese and Korean Neo-Confucianism, 2020.

De proches amis venus de loin: amitiés dans l’Asie orientale

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Il faut, entend-on dire souvent de parents inquiets, bien choisir ses amis. Et l’on comprend par là, dans un savoir d’expérience qui s’est imposé aux aînés et qu’ils ont eux-mêmes appris de leur père et de leur mère, qu’il faut éviter les « mauvaises fréquentations », délétères, corruptrices et qui font irrémédiablement dévier de la pente supposée naturelle au bien. Comme si les amitiés de groupe n’apprenaient rien, ni loyauté, ni défense inconditionnelle, ni vertu de courage. « Les vrais amis se comptent sur les doigts d’une main » et nous sommes le plus souvent pris dans « des accointances et des familiarités nouées par quelque occasion ou commodité par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent », se confortent et s’enferment en elles-mêmes, jamais secouées, jamais décentrées. Et nous n’aurions affaire qu’à de « faux amis » semblables à ces pièges des langues étrangères où l’on ne fait résonner que la langue natale. « Les vrais amitiés sont désintéressées » et se reconnaissent dans la durée. Mais que faire alors de l’entraide, du secours et comment les intégrer dans les profits divers que l’on peut à bon droit attendre des compagnons de route et de vie ? Et que faire des amitiés qui ne durent pas, qui se perdent, qui s’épuisent ou se fatiguent ? N’ont-elles rien été, n’ont-elles rien appris, faut-il nier dans l’absence d’aujourd’hui la co-présence d’alors ? La perte d’un ami, toujours physique dans la mort ou l’étiolement, ne vient-elle pas plutôt paradoxalement renforcer la nécessité du rapport amical, d’un autre soi-même qui bouscule par sa franchise, décale par son expérience, instruit de ce que je ne sais ni faire ni dire, console par son tact … (Sources : Cairn)

Avec la participation de trois membres de l’IFRAE : DOAN Cam Thi, « L’amitié à l’épreuve de la mondialisation: une lecture de trois nouvelles de Phan Hồn Nhiên », p. 159-173; François Macé, « De la fraternité à l’amitié », p. 85-106, ; Frédéric Wang, « L’amitié au-delà de la mort: quelques récits exemplaires dans la Chine ancienne », p. 31-44. 

Diogène, n° 265-266, « De proches amis venus de loin: amitiés dans l’Asie orientale », 2019

Rédacteur invité : Stéphane Feuillas (Université de Paris, CRCAO)
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, agrégé de Lettres Modernes et Docteur en philosophie de la Chine classique, il est professeur de littérature et pensée de la Chine classique à l’Université de Paris. Ses recherches portent sur la nature de l’expression philosophique de la dynastie des Song et sur les modalités de la philosophie du changement. Il a publié plusieurs traductions de l’œuvre littéraire de Su Shi (1137-1101), les Nouveaux Discours de Lu Jia (2012), et s’est chargé, dans l’Anthologie de la poésie chinoise publiée dans la Pléiade (2015), des poèmes de la dynastie des Song (960-1279). Outre de nombreux articles parus dans des revues scientifiques ou des ouvrages, il a dirigé la publication d’un volume intitulé Sujet, moi, personne (2004) consacré à la question du sujet dans les cultures d’Extrême-Orient. Il co-dirige aux Belles Lettres, avec Anne Cheng et Marc Kalinowski, la collection « Bibliothèque chinoise » qui a pour but de présenter en version bilingue les textes majeurs écrits en langue classique coréens, chinois, japonais et vietnamiens. (Sources : Cairn).

Rédacteur invité : Frédéric Wang (Inalco, IFRAE)
Agrégé en langue et culture chinoises, docteur en littérature française (sémiotique) et en études chinoises, il a été maître de conférences à l’ENS LSH (Lyon) et à l’Université Lumière Lyon 2 avant de devenir, en 2008, professeur en histoire de la pensée chinoise à l’Institut des Langues et Civilisations orientales (Inalco). Ses recherches actuelles portent sur le confucianisme, notamment celui du xvie siècle. Auteur d’Approche sémiotique de Maurice Blanchot (1998) et d’une cinquantaine d’articles publiés dans des revues scientifiques ou des ouvrages collectifs, il a dirigé l’ouvrage collectif Le choix de la Chine d’aujourd’hui : entre la Chine et l’Occident (2010). (Source : Cairn)

Conflicting Memories

→ Le livre chez l’éditeur

Barnett, R., Weiner, B., & Robin, F. (Eds.). (2020). Conflicting Memories. Leiden, Nederland: Brill.

Conflicting Memories is a study of how the Tibetan encounter with the Chinese state during the Maoist era has been recalled and reimagined by Chinese and Tibetan authors and artists since the late 1970s. Written by a team of historians, anthropologists, and scholars of religion, literature and culture, it examines official histories, biographies, memoirs, and films as well as oral testimonies, fiction, and writings by Buddhist adepts. The book includes translated extracts from key interviews, speeches, literature, and filmscripts. Conflicting Memories explores what these revised versions of the past chose as their focus, which types of people produced them, and what aims they pursued in the production of new, post-Mao descriptions of Tibet under Chinese socialism. 
Contributors include: Robert Barnett, Benno Weiner, Françoise Robin, Bianca Horlemann, Alice Travers, Alex Raymond, Chung Tsering, Dáša Pejchar Mortensen, Charlene Makley, Xénia de Heering, Nicole Willock, M. Maria Turek, Geoffrey Barstow, Gedun Rabsal, Heather Stoddard, Organ Nyima. (source : Brill)

Robert Barnett directed the Modern Tibetan Studies program at Columbia University 2000–17. Currently a Professorial Research Associate at SOAS, University of London, he is the author/editor of such studies on modern Tibetan history as Lhasa: Streets with Memories (Columbia, 2010) and Forbidden Memory (Nebraska, forthcoming 2020). 
Benno Weiner received his Ph.D. from Columbia University in 2012 and is Associate Professor in the Department of History at Carnegie Mellon University. He is author of The Chinese Revolution on the Tibetan Frontier (Cornell University Press, 2020). 
Françoise Robin is a professor of Tibetan language and literature at Inalco in Paris. She has done extensive research on Tibetan contemporary literature and filmmaking and has translated many novels and short stories from Tibetan into French and English.

Reclaiming the Wilderness, Contemporary Dynamics of the Yiguandao

→ Le livre chez l’éditeur

Sébastien Billoud, Reclaiming the Wilderness, Contemporary Dynamics of the Yiguandao, Oxford University Press, Oxford, 2020, 312 p.

A syncretistic and millenarian religious movement, the Yiguandao (Way of Pervading Unity) was one of the major redemptive societies of Republican China. It developed extremely rapidly in the 1930s and the 1940s, attracting millions of members. Severely repressed after the establishment of the People’s Republic of China, it managed to endure and redeploy elsewhere, especially in Taiwan. Today, it has become one of the largest and most influential religious movements in Asia and at the same time one of the least known and understood. From its powerful base in Taiwan, it has expanded worldwide, including in mainland China where it remains officially forbidden. Based on ethnographic work carried out over nearly a decade, Reclaiming the Wilderness offers an in-depth study of a Yiguandao community in Hong Kong that serves as a node of circulation between Taiwan, Macao, China and elsewhere. Sébastien Billioud explores the factors contributing to the expansionary dynamics of the group: the way adepts live and confirm their faith; the importance of charismatic leadership; the role of Confucianism, which makes it possible to defuse tensions with Chinese authorities and sometimes even to cooperate with them; and, finally, the well-structured expansionary strategies of the Yiguandao and its quasi-diplomatic efforts to navigate the troubled waters of cross-straits politics. (source : Oxford University Press)

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Sébastien Billioud est Professeur d’études chinoises à l’Université de Paris.

Toutes les dates du 12e mois lunaire et du 1er mois lunaire sont des jours fastes

→ L’article en ligne

Renyou Hou, « « Toutes les dates du 12e mois lunaire et du 1er mois lunaire sont des jours fastes » », Temporalités [En ligne], 30 | 2019, mis en ligne le 23 juillet 2020

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Le mariage est l’un des rites les plus importants du cycle de vie dans la société chinoise. Le choix de la date des noces est rarement fait à la légère, au contraire, il est soigneusement effectué en suivant des processus spécifiques afin de trouver un jour considéré comme faste et propice. À partir d’une enquête ethnographique réalisée entre 2013 et 2016 au village de Zhang dans la province du Henan et dans une entreprise spécialisée en organisation de mariages – « Amour Éternel » Aijiujiu 爱久久 –, le présent article propose une analyse des temporalités du mariage en milieu rural contemporain en se focalisant sur l’étude de la saisonnalité du mariage et du choix de la date des noces. Concernant la saisonnalité du mariage, les habitants de Zhang doivent prendre en compte le calendrier des activités économiques non agricoles des travailleurs migrants et trouver un compromis avec la temporalité paysanne rythmée par les tâches agraires. Quant au choix de la date des noces, ils font systématiquement appel à l’almanach afin d’harmoniser la trajectoire de vie personnelle et l’ordre cosmologique. Cette étude démontre les modifications et les réajustements adoptés par les villageois pour faire face au changement du rythme de vie découlant des transformations sociales, économiques et politiques en Chine post-maoïste : ils cherchent à s’inscrire dans le processus de modernisation et d’urbanisation de la société chinoise tout en voulant respecter l’idéologie cosmologique dans l’organisation de la vie familiale et sociale. (source)

Renyou Hou est postdoctorant de l’IFRAE.