La politique internationale de la Chine

Jean-Pierre Cabestan, “La politique internationale de la Chine”, Les Presses de Science Po, Paris, 2022 (1997), 720p.

Deuxième puissance mondiale depuis 2010, la Chine ne veut pas seulement détrôner les Etats-Unis, mais aussi bouleverser l’ordre international établi depuis 1945. A-t-elle les moyens de cette ambition ? Oui si l’on en juge par l’ampleur des outils économiques, diplomatiques, militaires et idéologiques qu’elle déploie et que symbolisent les “nouvelles routes de la soie” ; oui si l’on observe l’évolution de sa politique étrangère et de sécurité, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012 ; oui si l’on décrypte ses relations avec ses partenaires et voisins, comme le fait cet ouvrage, à l’aide de sources de première main. Derrière cette force se cachent des fragilités. Dépendante de l’extérieur, la Chine connaît un ralentissement économique et un vieillissement sans précédent de sa population. La persistance d’un régime autoritaire, nationaliste, antioccidental et de plus en plus arrogant confère un caractère inachevé à son intégration internationale et accroît les sources de conflit, en particulier avec les Etats-Unis et le Japon.
Source : https://actualitte.com/livres/942279/la-politique-internationale-de-la-chine

Jean-Pierre Cabestan est sinologue français, spécialiste du droit et des institutions du monde chinois contemporain.

從臺灣到世界:二十一世紀一貫道的全球化 (De Taïwan vers le monde : la globalisation du Yiguandao au 21ème siècle)

Yang Hung-jen 楊弘任 et Sébastien Billioud 畢遊塞 (éd.), Cong Taiwan dao shijie, ershiyi shiji Yiguandao de quanqiuhua 從臺灣到世界:二十一世紀一貫道的全球化 (De Taïwan vers le monde : la globalisation du Yiguandao au 21ème siècle), Taipei, Chengchi University Press政大出版社, 2022, 356 p.  

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 一貫道,這樣一個以往被華人既有政權界定為非正統的綜攝性創新教團,如何能在短短幾十年之間翻轉形象,甚而轉變為華人世界某種代表性的宗教文化,傳向其他國家呢?本書九篇作品均採用深度訪談及參與觀察的研究方法,在相關文獻對話上,也具備人文與社會科學不同領域的學術訓練基礎。跟隨一貫道的全球化軌跡,本書涵蓋了廣義西方世界北美洲加拿大的溫哥華、美國的洛杉磯與各州城市、歐洲法國的巴黎、以及位處非洲的南非約翰尼斯堡與相關城市,也初步探索了東北亞日本的東京,以及東南亞的新加坡、泰國、印尼與越南,就某些國家的分析甚至已跨入整體國境中一貫道的地理分布、政教關係、信者類型、文化跨界、以及相關的跨國界、跨族裔與再跨境現象。(source : Chengchi University Press)

Cet ouvrage analyse la globalisation du Yiguandao, l’un des plus importants « nouveaux mouvements religieux » dans le monde chinois.  Une réflexion d’ensemble est suivie par des études de cas dans des pays variés (États-Unis, Canada, France, Afrique du Sud, Japon, Thaïlande, Vietnam, Singapour, Indonésie). L’accent est mis sur les processus d’acculturation (bien au-delà des diasporas sinophones) et sur les réseaux et circulations qui caractérisent l’expansion de ce groupe transnational. 

Ce volume collectif vient compléter une précédente monographie consacrée à la même organisation : Sébastien Billioud, Reclaiming the Wilderness, Contemporary Dynamics of the Yiguandao, New York, Oxford University Press, 2020. 

Nomadic Pastoralism among the Mongol Herders

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Nomadic Pastoralism among the Mongol Herders: Multispecies and Spatial Ethnography in Mongolia and Transbaikalia is based on anthropological research carried out by the author between 2008 and 2016 and addresses the spatial features of nomadic pastoralism among the Mongol herders of Mongolia and Southern Siberia from a cross-comparative perspective. In addition to classical methods of survey, Charlotte Marchina innovatively used GPS recordings to analyze the ways in which pastoralists envision and concretely occupy the landscape, which they share with their animals and invisible entities. The data, represented in abundant and original cartography, provides a better understanding of the mutual adaptations of both herders and animals in the common use of unfenced pastures, not only between different herders but between different species. The author also highlights the herders’ adaptive strategies at a time of rapid sociopolitical and environmental changes in this area of the world. (source : Amesterdam University Press)

Charlotte Marchina is an anthropologist and Associate Professor in Mongolian Studies at Inalco, Paris. Her research on nomadic pastoralism in Mongolia and Southern Siberia bridges social and environmental sciences and explores multimodal ways of producing and transferring knowledge on human-animal relations (multispecies ethnography, GPS tracking, photography).

Occupy Tôkyô. SEALDs, le mouvement oublié

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La jeunesse japonaise, comme partout ailleurs, cherche à construire son avenir malgré les crises qui secouent son univers dont la dernière est la triple catastrophe de Fukushima. Souvent considérée comme davantage tournée vers une vie personnelle voire hédoniste, elle a surpris les médias lorsqu’un mouvement d’étudiants a pris la parole pour critiquer les projets de loi sur la sécurité et les Forces d’auto-défense du gouvernement Abe. Le mouvement dit des SEALDs s’est formé en décalage temporel par rapport aux mouvements Des Indignés ou de Occupy Wall street, mais on y retrouve des préoccupations semblables.

Saisir l’expérience des SEALDs à partir de la philosophie de John Dewey permet de mettre une nouvelle fois en avant les dangers que la technologie numérique fait subir aux individus, au collectif et à leurs valeurs.

Bref, comment en vient-on à la politique dans une société qui n’a eu de cesse de dépolitiser sa population ? (source : Le Bord de l’Eau)

Anne Gonon est professeure à l’université Doshisha en sciences sociales. Son travail se situe à l’interface des questions sociales et éthiques, avec un intérêt particulier pour les questions de genre et de catastrophe dans le Japon contemporain.

Christian Galan est professeur à l’université Toulouse-Jean Jaurès et chercheur à l’Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est (Inalco/université Paris Cité/CNRS). Il est spécialiste du système éducatif japonais actuel et de l’histoire de l’éducation au Japon. Ses recherches portent également sur l’enfance et la jeunesse dans le Japon moderne et contemporain.

Resistant Hybridities

New Narratives of Exile Tibet

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BHOIL S. (Ed.). (2020). Resistant Hybridities. Lexington: Rowman & Littlefield, 274p.
Introduction par Françoise Robin


With its analytic focus on the cultural production by Tibetans-in-exile, this volume examines contemporary Tibetan fiction, poetry, music, art, cinema, pamphlets, testimony, and memoir. The twelve case studies highlight the themes of Tibetans’ self-representation, politicized national consciousness, religious and cultural heritages, and resistance to the forces of colonization. This book demonstrates how Tibetan cultural narratives adjust to intercultural influences and ongoing social and political struggles in exile. (source : Rowman Littlefield)


Françoise Robin is a professor of Tibetan language and literature at Inalco in Paris. She has done extensive research on Tibetan contemporary literature and filmmaking and has translated many novels and short stories from Tibetan into French and English.

Diplomatie japonaise, la voie étroite – S’assumer comme “puissance moyenne” ?

Yoshihide Soeya. Diplomatie japonaise, la voie étroite – S’assumer comme “puissance moyenne” ?. Coll. Asie en perspective. Paris: Coédition Hémisphères/Maisonneuve & Larose, 2021, 192p.

Traduction par Frank ackerer
Contribution de Guibourd Delamotte
Préface par François Godement

Dans l’immédiat après-guerre, le Japon, divisé entre une droite qui appelle la remilitarisation de ses voeux et une gauche désireuse d’ancrer le pays dans le rejet de la guerre, adopte la “doctrine Yoshida” : une position de compromis développant l’économie tout en externalisant la défense nationale, laissée aux mains des Etats-Unis. Soeya Yoshihide montre que la politique de défense japonaise, née d’une double contrainte normative imposée par le traité de sécurité nippo-américain d’une part, par la Constitution de l’autre, subsiste.
Il préconise que le Japon s’accepte comme une “puissance moyenne” semblable à la France ou au Royaume-Uni, dans un moyen terme entre l’idéalisme de gauche et le réalisme de droite, en empruntant la voie étroite tracée par la doctrine Yoshida entre Constitution et traité. Une voie qui s’imposera aux diplomates et décideurs japonais comme la seule possible, aussi longtemps que subsistera cette double contrainte. (Source : Decitre)

La diète japonaise

ŌYAMA, Reiko. La Diète japonaise: Pour un Parlement qui débatte. New edition [online]. Paris: Presses de l’Inalco, 2021 (generated 17 février 2022).

Traduction par Arnaud Grivaud
Avant propos par Guibourg Delamotte

Lien direct du livre : OpenEdition

La Diète, lieu de débat pour les représentants des citoyens, symbole de la démocratie parlementaire, sert-elle convenablement ces fonctions au Japon ? Cet ouvrage destiné à tout citoyen intéressé par la mécanique sous‑jacente et la fabrique du débat public, emmène le lecteur à la rencontre d’une démocratie peu étudiée par la science politique générale : le Japon. Il l’explore sous l’angle hautement symbolique du parlement pour « dé‑couvrir » les arcanes de son système politique. Et ses insuffisances… qui donnent relief aux nôtres. (Source : OpenEdition Books)

Introduction à l’esthétique

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Première traduction en français d’une œuvre du philosophe japonais, ce livre, pensé à partir de la photographie et du cinéma, propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu’il implique.

L’œuvre de Nakai Masakazu (中井正一1900-1952) offre un nouveau regard japonais sur l’art, la technique et le monde contemporain. Loin de tout particularisme culturel et cependant profondément originale par rapport aux conceptions occidentales du beau, Introduction à l’esthétique permet de découvrir un univers sans double-fond, tout en surfaces et reflets, où se rejoignent intimement matérialisme et phénoménologie. Pensé à partir de la photographie et du cinéma, en dialogue avec Cassirer, Heidegger, Marx et les auteurs de l’École de Francfort, ce livre propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu’il implique.
Traduit du japonais, annoté et présenté par Michael Lucken, historien et professeur à l’Inalco, avec une préface de Carole Maigné, philosophe et professeure à l’Université de Lausanne. (source : Les presses du réel)

Michael Lucken, professeur à l’Inalco, est un historien et japonologue français. Auteur de la seule monographie en français sur Nakai (Nakai Mazakazu – Naissance de la théorie critique au Japon, Les presses du réel, 2016), il a publié de nombreux travaux sur l’histoire culturelle et artistique du Japon au XXe siècle. Partisan d’une approche esthétique de l’histoire, il s’intéresse à la circulation des formes, aux effets de ressemblances, aux changements de perspective, cherchant ainsi à éprouver les possibilités d’une communauté du sens.

Masakazu Nakai (Nakai Masakazu ou Nakai Shōichi, 1900-1952) est un philosophejaponais, l’un des pionniers de la critique des médias, du cinéma et du sport au Japon. Du fait de ses références et de sa sensibilité – il a connu la crise du bouddhisme, la montée du fascisme, la prison, le bombardement de Hiroshima et l’occupation américaine –, il a souvent été rapproché de Walter Benjamin. Son œuvre a profondément marqué les mouvements de contre-culture des années 1960.

Demain la Chine : guerre ou paix ?

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Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.
Les causes immédiates d’un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sinojaponais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d’un affrontement militaire dans le détroit de Formose d’où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.
Pour l’heure, ce que l’on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu’on appelle les « zones grises » entre la paix et la guerre. Cette stratégie s’est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l’Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d’améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d’une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l’APL à d’abord envisager des « opérations extérieures » plus limitées et moins dangereuses.
Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l’irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s’orientent plus vers une guerre froide d’un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser. (source : Gallimard)

Jean-Pierre Cabestan est directeur de recherche au CNRS, membre de l’UMR IFRAE, et professeur à l’Université baptiste de Hong-Kong.

Contingence et communauté, Kuki Shûzô, philosophe japonais

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Entre bergsonisme et phénoménologie, bushidô et mythe de Sisyphe, poétique de la rime et éternel retour du même, nationalisme culturel et esthétique de l’époque d’Edo, l’œuvre protéiforme de Kuki Shûzô (1888-1941) a émergé d’une tension féconde entre les mondes intellectuels japonais, français et allemand. Elle ne saurait être élucidée selon les idées convenues de pensée « proprement japonaise », de synthèse entre « Orient » et « Occident », ou même de métissage culturel. Cette œuvre qui nous incite à repenser les notions d’identité, de communauté, d’universalité, et en premier lieu le « nous » lui-même, est bel et bien une philosophie originale et universelle, son nœud secret étant le commun, dont la modalité d’être est la contingence et où la phénoménalité originaire est la rencontre fortuite, principe inconditionné de tout apparaître. (source : Vrin)

Simon Ebersolt est chercheur postdoctoral à l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est (Inalco/Université Paris Cité/CNRS), où il est co-responsable du Groupe d’étude de philosophie japonaise.