Groupe d’étude de philosophie japonaise

Dates : Samedi 28 mai 2022 – 14:00 – 16:45
Lieu : En ligne

14h – 14h45 suivie de discussion d’une demie heure
Frédéric GIRARD (EFEO)
« Expérience pure de NISHIDA et expérience directe de MOTORA :
la structure double de la psychè héritée de la Talité du Traité sur l’acte de foi dans le Grand Véhicule. »

15h20 – 16h05 suivie de discussion d’une demie heure
Raphaël PIERRES (Université Paris I Panthéon-Sorbonne )
« Décentrer la première personne : WATSUJI Tetsurô, ÔMORI Shôzô et SAKABE Megumi ».

16H40 : la fin de séance


Pour le lien Zoom, prière de contacter : takako.saito@inalco.fr à partir du 24 mai 2022
contact courriel : takako.saito@inalco.frakinobukuroda@gmail.comarthur.mitteau@univ-amu.frsimon.ebersolt@gmail.com

Résumé de Frédéric GIRARD 
     L’Etude sur le bien (1911) de Nishida Kitarō (1870-1945) met en avant le concept d’expérience pure ou immédiate (junsui keiken, chokusetu keiken 純粋経験, 直接経験). C’est autour de cette notion qu’il a eu, jeune lycéen, le sentiment de l’avoir perçue comme en rêve en se promenant dans les rues de Kanazawa, qu’il a bâti sa philosophie. Les choses sont unifiées par un seul principe, une seule activité. Nishida ne peut s’empêcher d’affirmer qu’ils sont l’esprit, conçu comme universel et non pas individuel, la conscience de soi unifiée, la volonté, l’action, le Tathandlung de Fichte (1762-1814), et l’intuition intellectuelle. Et, pour lui, la plus grande unité qui unifie le réel est Dieu, la réalité unique qui est présente au cœur de tous les êtres naturels.
     C’est à partir de son expérience de la méditation que Nishida a forgé sa conception de l’expérience pure : « L’expérience pure désigne l’expérience avant que n’apparaissent des oppositions du genre, choses et pensée, ego et autrui, autrement dit elle désigne les données immédiates dans lesquelles il n’y a ni personne connaissante ni chose objet de la connaissance. Ces distinctions entre choses et pensée, ego et autrui, sont considérées comme naissant de rapports au sein de cette expérience. Il va de soi que, ainsi envisagée, l’expérience pure, par définition, précède tout ce qui peut être constitué par les formes du temps, de l’espace et de la causalité; c’est une expérience qui précède la pensée. Qu’est-elle donc? Selon les auteurs, on a plusieurs réponses. Mach y voit une chose sensitive, mais pour Bergson elle est, peut-on dire, un flux infini qu’on ne peut diviser, elle est la durée pure, ce qui est sensitif étant au contraire le produit de la pensée réflexive. » 1. On peut noter que Nishida ne mentionne pas le nom de William James dans cet article de dictionnaire !
     Olivier Lacombe a écrit à propos de l’expérience pure dans le bouddhisme indien de l’école du Milieu, concept qu’il utilise sans avoir connu semble-t-il son utilisation chez Nishida : « Ces dialecticiens – nous pensons en particulier à l’école bouddhique du Milieu – se servent de la dialectique non pour établir une doctrine explicative, mais pour faire table rase, afin que l’Expérience ineffable et irreprésentable jaillisse en toute sa pureté. On utilise la dialectique moins pour connaître que pour jeter bas les superstructures secrétées par la vie empirique et qui offusquent la présence immédiate de l’esprit à lui-même. Il s’agit de décaper l’esprit et de le ramener à sa réalité nue, en sorte que l’Expérience surgisse absolument pure » 2. Il y fait de façon explicite allusion afin d’illustrer sa logique du lieu, dans son dernier écrit, La logique du lieu et et la vision religieuse du monde, Bashoteki ronri to shūkyōteki sekaikan 場所的論理と宗教的世界観, avril 1945.
     Il est une source plus que probable de cette expérience pure. Nous avons remarqué que, dans son journal, Nishida a accordé une importance primordiale au Traité sur l’acte de foi dans le Grand Véhicule, Dacheng qixinlun 大乗起信論, ce traité apocryphe chinois du VIe siècle qui a tant influencé la philosophie bouddhique chinoise, coréenne et japonaise par la suite. Ce traité lui a permis de mettre en évidence la vérité authentique qu’il recherchait et qu’il a trouvée et qu’il veut illustrer en termes philosophiques et scientifiques actuels.

     Or, il est notable que l’un des professeurs de Nishida depuis septembre 1891, Motora Yūjirō 元良勇次郎 (1858-1912) 3, a rédigé un article touchant notre question, « An Essay on Eastern Philosophy, The idea of ego in oriental philosophy », traduit en français, « Essai sur la philosophie orientale, L’idée de moi dans la philosophie orientale », au Congrès international de psychologie, tenu à Rome du 16 au 30 avril 1905. L’article fait état de l’« expérience directe » en rapport avec l’expérience du Zen. Il l’explicite à l’aide de la doctrine du shinnyo 真如, qui se situe à deux niveaux : « Le Shinnyo, connu par une expérience directe… est la réalité même. Il n’est pas un être personnel, comme le Dieu du christianisme, mais est l’éternelle et immuable existence. » Sans le nommer Motora se réfère au Traité sur l’acte de foi dans le Grand Véhicule qui précisément est connu pour développer la Talité sur deux plans, l’un inconditionné, l’autre conditionné, qui semblent s’opposer aux yeux de l’intelligence conceptuelle mais sont unis dans l’expérience. Motora envisage le dépassement du paradoxe et du dédoublement comme une question aussi vieille que la philosophie même, celle du dépassement du « moi » ou du « soi » par la conscience ou par la volonté, cette dernière étant celle des stoïciens, de Kant et celle à laquelle tend le Zen. Le Zen réduit la connaissance à un aspect de l’activité, et le bouddhisme tient que sous l’angle de l’objectivité du système conceptuel, le dédoublement mental, l’autoréalisation et l’unification grâce à la volonté, relèvent d’un élément immuable, qui ignore le changement, que l’on est contraint de poser afin de comprendre d’où provient ce qui change. C’est cet élément qui est qualifié de Talité, Shinnyo, que Motora traduit par « la réalité en soi », « le fait réel », par opposition au « fait illusoire » qu’est la « représentation » et qui correspond à ce qu’il appelle la « potentialité psychique ». Or, on sait que Nishida a rédigé son « Chapitre partiel d’ouvrage sur l’expérience pure », Junsui keiken ni kansuru danshō 純粋経験に関する断章, au mois d’octobre 1905 4, soit immédiatement après la publication de l’opuscule de Motora. En outre il publiera dans la Revue de philosophie (Tetsugaku zasshi) au mois d’août 1908 un article intitulé « Expérience pure, réflexion, volonté et intuition intellectuelle », qui reprend mot pour mot une partie de son Etude sur le bien, avant de publier un nouvel article dans la même revue, au mois de février 1910, intitulé « Rapports et relations mutuels dans l’expérience pure », objet d’une conférence trois mois auparavant 5. On peut considérer que le point de départ méthodologique de Nishida caractérisé par l’« expérience pure » est dans ses spécificités en lien direct avec les positions de son professeur de psychologie Motora, soit qu’il en ait hérité à travers son enseignement soit qu’il en ait eu connaissance par cet opuscule de 1905. N’est-ce pas cette Talité que Nishida qualifie de « réalité » ou « vraie réalité », jitsuzai 実在, depuis l’époque d’Etude sur le bien ?


Résumé de Raphaël PIERRES
     Décentrer la première personne : Watsuji Tetsurô, Ômori Shôzô et Megumi Sakabe
     Dans le fil d’une enquête que nous avons engagée sur le statut de l’intériorité, en particulier chez Nishida Kitarô (2017-2020), puis sur la notion de 心 (2021-2022), nous proposons ici une interrogation générale autour du décentrement de la première personne que nous observons dans les textes philosophiques écrits en japonais. Au croisement de considérations linguistiques, culturelles et conceptuelles, il en va du statut de l’ego vis-à-vis de l’altérité.
Cette étude est une manière pour nous de problématiser sous un angle nouveau l’universalité et l’évidence du « Je pense ». Que devient ce « je pense » dans une langue où le sujet n’a pas valeur de condition indispensable, mais presque de complément circonstanciel ?
     Le travail désormais classique de Watsuji Tetsurô nous offrira un point d’entrée dans cette question en nous amenant à prendre conscience des circonstances dans lesquelles la personne se construit et s’inscrit, dans une double dimension, médiale et intersubjective. Nous analyserons alors la tentative d’Ômori Shôzô de constituer une ontologie moniste en proposant une critique réaliste (au sens épistémologique) de la distinction entre la chose et sa représentation, entre l’objet et le sujet : il en va du point où la grammaire se noue à l’ontologie. Le travail de Sakabe Megumi nous permettra enfin de faire la synthèse de ces différents aspects en proposant à la fois une critique de la notion de sujet, et une compréhension nouvelle de la notion de personne.
     Ainsi, prendre au sérieux l’inscription de la première personne dans le langage (sans toutefois l’y réduire) nous conduira à explorer les intersections entre les champs linguistiques, métaphysiques, épistémologiques, éthiques et esthétiques. Il faudra enfin en tirer les leçons. Si nous faisons porter l’accent sur la manière dont la constitution de la première personne est située, si ce sont finalement les autres personnes qui en sont la condition et lui donnent sa pleine signification : la première personne n’est-elle jamais que seconde ?

1. Article junsui keiken, Pure experience, Reine Erfahrung, dans le Dictionnaire de philosophie de Iwanami, p.480.
2. Voir Olivier Lacombe, « L’expérience mystique », 1963, in Indianité, Paris 1979, pp.199-200 (Expérience pure par décapage de l’esprit selon le Madhyāmika; par arrêt des fabrications mentales selon le Yoga; la connaissance née de l’union de l’Expérience pure et de l’imagination transcendantale chez Diṅnāga et Śankara; la “connaissance générale chez le P. Surin (XVIIe siècle). Sur cette notion, voir la doctrine du “pancalisme” de T.Mark Baldwin (1861-1934)(Genetic Logic et Genetic theory of reality; voir Emile Bréhier, Histoire de la philosophie, T.II-4, p.995).
3. NKZ, XIX, p. 744. Professeur à l’université impériale de Tokyo. Nishida donne des cours de psychology à partir de juillet 1899 au Lycée, Idem, p. 746. Il revoit son professeur en avril 1907, Idem, p. 749.
4. NKZ, XIX, p. 748.
5. NKZ, XIX, p. 750.

Usages et valeurs du noir en Asie de l’Est

Dates : Mardi 7 juin 2022 – 09:00 – Jeudi 9 juin 2022 – 18:30
Lieu : INHA, salle Benjamin / Inalco, PLC, salle 5.09

proposé dans le cadre de l’IFRAE et du CEEI du 7 au 9 juin 2022, organisé par Isabelle Charrier (CEEI) et Marie Laureillard (délégation CNRS à l’IFRAE et CEEI)

Ce colloque, qui se déroulera le premier jour à l’INHA et les deux autres jours à l’Inalco, se donne pour but d’explorer la richesse conceptuelle de la notion de noir et la multiplicité des enjeux qu’elle ouvre dans l’étude du texte, de l’écriture, de l’image, des formes mixtes. Il s’inscrit dans le cadre du projet « Sources visuelles, sources textuelles » de l’axe 1 de l’IFRAE.

Les théories esthétiques et sémiotiques du noir, les fonctions et usages du noir dans les écritures et les arts graphiques, le rapport vide / plein dans la création, le vocabulaire du noir (comparaisons linguistiques et constructions culturelles), le rôle du noir en littérature, dans les nouveaux médias et en design, photographie et cinéma seront abordés. Les interventions, qui auront trait à l’Asie orientale avec une incursion au Vietnam et en Inde, relèveront de multiples disciplines.

La première journée sera consacrée à la signification fondamentale du noir et aux cinq couleurs de l’encre à travers les arts traditionnels de la peinture à l’encre et de la calligraphie, parallèlement à une réflexion sur l’expression graphique représentée par la typographie et la gravure sur bois.

La deuxième journée abordera le noir dans la littérature chinoise, japonaise et coréenne (poésie, essai, roman). L’après-midi sera consacré au noir dans sa matérialité avec les miniatures indiennes, la céramique, le design et l’art contemporain de l’Asie de l’Est.

La troisième journée accordera une grande place au cinéma et à la photographie des trois pays (Chine, Corée, Japon) ainsi qu’au jeu vidéo. L’après-midi sera réservé au rôle du noir dans la modernité à travers la peinture d’Extrême-Orient et les pratiques spécifiques de la laque au Vietnam et de l’estampage au Japon et en Corée.  Le colloque s’accompagnera d’une exposition intitulée « Les cinq couleurs de l’encre », organisée le 8 juin par Lia Wei à la galerie de l’auditorium de l’Inalco.

La Chine et la guerre. Une discussion à partir du récent livre de Jean-Pierre Cabestan ‘Demain la Chine : guerre ou paix ?’

Dates : Mercredi 25 mai 2022 – 15:00 – 16:30
Lieu : Inalco, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007, auditorium Dumézil

Alors que la guerre en Ukraine fait rage, la question d’un engagement éventuel de la Chine dans un conflit armé devient de plus en plus pressante. La mer de Chine du Sud, les Senkaku (Diaoyu) et surtout Taiwan sont les théâtres potentiels de guerre les plus souvent évoqués. Xi Jinping s’apprête-t-il pour autant à envahir Taiwan ? S’il est trop tôt pour savoir quelles leçons le gouvernement chinois va tirer de l’invasion russe de l’Ukraine, il semble pour l’heure continuer de privilégier tant dans le détroit de Taiwan qu’ailleurs une stratégie dite des “zones grises”, qui sans outrepasser le seuil de la guerre accroît la pression psychologique sur ses adversaires, y compris les Etats-Unis. 

Coorganisée par l’Ifrae & Asia Centre

En présence de l’auteur, Jean-Pierre Cabestan, CNRS, Ifrae
Avec la participation de Chloé Froissart, PU, Inalco, Ifrae et Jean-François Di Meglio, président d’Asia Centre

Rencontre du lundi : Évolution du paysage religieux en Chine et en Asie : nouveaux acteurs, nouvelles religions

Dates : Lundi 16 mai 2022 – 18:00 – 19:15

Lieu : Inalco, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007, Auditorium Dumézil & Zoom

Pour assister à la conférence sur zoom : formulaire d’inscritpion

Le monde sinisé est aujourd’hui producteur de nombreux nouveaux groupes religieux. Certains sont en situation de vive tension avec les environnements sociaux et politiques dans lesquels ils se développent. D’autres parviennent à surmonter tensions et barrières culturelles pour se transformer en de larges mouvements transnationaux actifs bien au-delà de l’univers culturel chinois et des diasporas sinophones. Dans le cadre des Rencontres du lundi, deux chercheurs de l’IFRAE évoqueront ces évolutions du paysage religieux à partir de leurs travaux de terrain.

Sébastien BILLIOUD est professeur à l’université Paris cité et membre de l’Ifrae
Travaux récents :
Reclaiming the Wilderness, Contemporary Dynamics of the Yiguandao, Oxford University Press, 2020, 296 p.
從台灣到世界:二十一世紀一貫道的全球化 (De Taïwan vers le monde : la globalisation du Yiguandao au 21ème siècle), édité en collaboration avec Yang Hung-jen, Presses de l’Université Chengchi (政大出版社), 2022, 356 p.

Junliang PAN est maître de conférences à l’université Paris cité et membre de l’Ifrae
Travaux récents :
« Invisibilité des pratiques religieuses des migrants chinois en France », in Migrations Société, 2021/1 (N° 183), pp. 111-126.
« 道教與民間宗教信仰的多面相關係——以蒼南馬站一次宗教醫療儀式為例(Relation multifacette entre Daoïsme et religion populaire) », in Philip Clart, Vincent Goossaert et Hsieh Shu-wei (éd.), 道教與地方宗教──典範的重思國際研討會論文集Daoism and Local Cults: Rethinking the Paradigms, Taïpei 台北 : Center for Chinese Studies 漢學研究中心, 2020, pp. 195-215. 
« Actors, Spaces, and Norms in Chinese Transnational Religious Networks: A Case Study of Wenzhou Migrants in France », in Paul Katz et Stefania Travagnin (éd.), Concepts and Methods for the Study of Chinese Religions III : Key Concepts in Practice, Berlin : De Gruyter, 2019, pp. 209-231.

Rencontre animée par Guibourg DELAMOTTE, maître de conférences HDR, politologue, département d’études japonaises, chercheuse, Ifrae*Travaux récents 
Travaux récents :
Coed. with J. Brown et R. Dujarric, The Abe Legacy. How Japan has been shaped by Abe Shinzo, Lexington, 2021.
Coed. with C. Tellenne, Geopolitique et geoeconomie du monde contemporain. Puissance et conflits, La Decouverte, 2021.
Soeya Yoshihide, Diplomatie japonaise, la voie etroite – Transl. from Japanese by F. Ackerer, Hemispheres/Maisonneuve et Larose, 2021 (proofreading and introduction G. Delamotte).
Oyama Reiko, La Diete japonaise. Pour un parlement qui debatte – Transl. from Japanese by A. Grivaud, Presses de lInalco (proofreading and foreword G. Delamotte), 2021.

Les rencontres du lundi sont coorganisée avec Asialyst

 Asean China Norms

Vendredi 20 mai 2022 / 9h-18h

Cette journée commencera par le rendez-vous régional du réseau Asean China Norms: 
IRN Regional Meeting 
organisatrices : Elsa Lafaye de Micheaux, CASE et Chloé Froissart, Ifrae
Auditorium de l’Inalco, 9h-13h


Puis sera suivi d’une demi journée organisée par les doctorants du réseau  
China in Southeast Asia: new strategies, new methods” 
organisateurs : Cher Hui Yun et Aymeric Mariette
Salle 5.09, 14h-18h
cette formation a bénéficié de l’aide de l’École Doctorale

Asean China Norms, IRN Regional Meeting (Europe)/Spring 2022


Résumé :

Le réseau international de recherche “Asean China Norms” organise son premier rendez-vous régional de l’année 2022 à Paris, accueilli par l’IFRAE à l’INALCO. La réunion des chercheurs s’ouvre par un séminaire sur les transformations politiques en Asie du Sud-Est, à partir d’un regard sur les normes politiques (intervenants : Chloé Froissart (Chine); Phuong Nguyen-Pochan (Vietnam), Daniel Peterson (Indonésie)), à l’occasion de la préparation d’un ouvrage collectif à paraître chez Palgrave MacMillan sous la direction d’Astrid Noren-Nilsson, Gabriel Facal et Elsa Lafaye de Micheaux. Une seconde partie sera consacrée à la présentation et discussion des chantiers en cours menés dans le cadre du réseau ou en lien étroit avec celui-ci : l’observatoire des pratiques politiques alternatives en Asie du Sud-Est (Altersea); le projet Emergence de l’Université de Paris, “Aide au développement et investissements directs chinois vus d’Asie du Sud-Est Réception, acteurs et impacts de la projection chinoise, 2000-2020 “, le projet de recherche ” Political economy of China’s Outward Foreign Direct Investment in Southeast Asia: An Assessment ” entre l’Université de Paris et la National University of Singapore”, la publication prochaine de “Justice, ne passe pas ton chemin” (Peter Lang) de Jacques Dupouey, etc.. Enfin, ouverte par une intervention de Yu Zheng sur l’étude des expatriés chinois et de Muriel Périsse sur les normes de travail et évolutions récentes du droit du travail en Chine, la dernière heure sera consacrée à l’organisation de la conférence sur les nouvelles normes et formes du travail en Asie du Sud-Est contemporain, une conférence internationale Asean China Norms prévue en Malaisie en décembre 2023.

Programme

9h00 : Accueil des participants     

9h30 : Ouverture (Elsa Lafaye de Micheaux, Chloé Froissart et Estelle Bauer, directrice de l’IFRAE)

9h45 : « Les transformations politiques en Asie du Sud-Est : un regard sur les normes » (format séminaire de recherche à partir de l’ouvrage en préparation Handbook on the Dynamics of Political Norm in Southeast Asia,  Palgrave MacMillan/3 présentations de chapitres)

PAUSE    

11hAsean China Norms Work in progress (format présentation/ échanges et discussion)

– Altersea, l’observatoire des alternatives politiques en ASE. Bilan d’une année et perspectives (Truly Estrelita et G. Facal – en visio-)
– Normes de travail et droit en Chine : interpréter les évolutions récentes (M. Perisse)
– Investissements et aide chinoise en ASE : deux projets en cours (Emergence UP ; NUS-UP) (Nathalie Fau, Manuelle Franck ; Elsa Lafaye de Micheaux ; Clément Séhier)
– Autres chantiers et projets + Discussion

12h-13h. « New Labor Regimes in Asia » (format atelier de travail)

Premiers éléments, discussion des sous-thèmes et préparation collective de la conférence internationale Asean China Norms « New Labor Regimes in Asia », à partir de notre journée d’étude en juin dernier “Changing labor regimes and labor norms:Circulations between Chinese societies and ASEAN”. Une conférence internationale qu’on envisage d’organiser en décembre 2023. (A ce propos, voici un texte récemment publié par Jenny Chan, Mark Selden et alii dans Critical Sociology, 2022: “After the Foxconn Suicides in China: A Roundtable on Labor, the State and Civil Society in Global Electronics”.)

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PAUSE DÉJEUNER

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14h00-18h “China in Southeast Asia: New Strategies, New Methods”  (salle 5. 09)

Propos introductif (14h)

Chloé Froissart (Ifrae, Inalco) & Elsa Lafaye de Micheaux (Centre Asie de Sud-Est, CASE)
Présentation préliminaire
Gilles Guiheux (CESSMA, Université de Paris Cité)
 Table-ronde 1 (14h30 -15h35
)« Quelles stratégies et quels modèles d’investissements chinois en Asie du Sud-Est ? »
Xavier Delannay (Sciences Po Paris)Les négociateurs intermédiaires dans les projets d’aide chinoise au développement
Hui Yun Cher (Inalco, CASE)Les enjeux des coopérations institutionnels de l’industrie minière
Aymeric Mariette (CESSMA, CASE, Université de Paris Cité) Les zones économiques spéciales chinoises en Asie du Sud-Est
Modérateur Min-Hua Chiang (East Asia Institut, National University of Singapore)
Pause – café (15h35 – 15h50) (café 25 pers.)
Table-ronde 2 (15h50 – 17h30)« Réfléchir la recherche : méthodes, outils, pratiques » 
Marina Svensson (Centre for East and Southeast Asian Studies, Lund University, Sweden)
Hong Yu Liu (Université de Cambridge, UK)
Huang Ke (Inalco, Ifrae)
Chloé Froissart (Inalco, Ifrae)
Modérateur : Muriel Perisse (Université d’Artois, Lille Economie et Management)
Discussion empirique et méthodologique (17h30 – 18h00) Cette séquence sera animée par Elsa Lafaye de Micheaux et Gilles Guiheux. Elle prendra la forme d’un dialogue avec l’ensemble des intervenants et l’auditoire sur les enjeux empiriques et méthodologiques de la recherche en Chine et en Asie du Sud-Est.

Réunion de travail – session linguistique

Dates : Vendredi 15 avril 2022 – 13:00 – 15:00
Lieu : Zoom


Dans le cadre de l’activité du groupe Langue et Subjectivité de l’IFRAE, nous organisons une réunion de travail (session Linguistique, sur Zoom), avec les deux intervenants suivants :

1. « Expressions de la subjectivité en japonais : le cas des exclamatives en donnani », NAKAMURA Takuya, Laboratoire d’Informatique Gaspard-Monge (LIGM), UMR 8049
2. « La subjectivité dans les verbes composés japonais », MATSUMOTO Asuka, Instytut Lingwistyki Stosowanej Uniwersytetu Warszawskiego (ILS UW)

Demander le lien de connexion : ifrae [@] inalco.fr

Terrains japonais 現場からの日本

Première rencontre de l’Association interdisciplinaire des Ethnographies japonaises, une coorganisation IFRAE et CRCAO
フランスの日本エスのグラフィー研究会

Dates : Jeudi 24 mars 2022 – 09:45 – Vendredi 25 mars 2022 – 14:00
Lieu : Multisite : université Paris Cité & Inalco

Matsuri du sanctuaire Hashirimizu dans le département de Kanagawa.
Les personnes souhaitant assister aux journées en ligne peuvent contacter les organisateurs pour obtenir le lien Zoom :
jean-michel.butel[at]inalco.fr
cesar.castellvi[at]u-paris.fr
anne-lise.mithou[at]u-paris.fr)

La pratique ethnographique constitue, au-delà des disciplines et des objets, une approche efficace et spécifique. L’Association interdisciplinaire des ethnographies japonaises se veut un espace d’échange pour les chercheurs en études japonaises usant d’une pratique de terrain dans le cadre de leur recherche. Ses Rencontres veulent permettre d’effectuer un état des lieux de résultats d’enquête récents et de projets à venir ; d’initier des collaborations nouvelles ; d’ouvrir une fenêtre aux étudiants intéressés par l’ethnographie appliquée au Japon ; d’approfondir enfin des questionnements sur la méthode ethnographique et partager des « trucs de terrain ».
Ces deux journées sont ouvertes à tous ceux pour qui, étudiants, jeunes chercheurs ou vétérans, l’ethnographie joue un rôle central dans la collecte de données.

Organisation : Jean-Michel Butel, César Castellvi et Anne-Lise Mithout

Soutiens institutionnels : Institut Français de Recherches sur l’Asie de l’Est, CRCAO, Conseil scientifique de l’Inalco, GIS Asie.

PROGRAMME

Jeudi 24 mars 2022
Université Paris Cité, bâtiment Grands Moulins salle 481C

9h15 : Café d’accueil
9h45 : Mot d’introduction

10h00 – 12h00
Panel 1 : L’ethnographie dans les études sur la ville et la jeunesse
Discutant : César Castellvi
Regards sur l’hygiène urbaine dans un contexte de covid-19
Tokumitsu Naoko, Inalco
Football, culture itinérante et « re-symbolisation » : récit d’une observation participante parmi les supporters du Vissel Kobe
Yosri Razgui, Université de Kobe
Recueil d’un corpus d’interactions spontanées au Japon : démarche méthodologique
Chiara Manno, Université Paris Nanterre
La langue en question: Problématiques et enjeux d’une enquête de terrain au Lycée Français International de Tôkyô
Sonia Silva, Université métropolitaine de Tokyo

PAUSE
14h00 – 16h00
Panel 2 : L’ethnographie dans les études de genre
Discutante : Anne-Lise Mithout
Mener des entretiens avec des écoliers sur les questions de genre
Aline Henninger, Université d’Orléans
Methodological Challenges of Doing a Critical Ethnography in Japan During the Precarious Time of Pandemic
Jelena Košinaga, University of Szeged
Un travail de scène ou un travail du sexe ? Présentation d’une enquête de terrain fragmentée réalisée à Tôkyô entre 2018 et 2020
Pierre-Jean Colas, Université Paris Cité
Rémunérer ou ne pas rémunérer la personne enquétée ? Reflexions a partir d”une enquête auprès des travailleur·se·s du sexe au Japon
Kanae Sarugasawa, Aix-Marseille Université
16h20-17h20  
Panel 3 : L’ethnographie aux carrefours des disciplines
Discutant : Jean-Michel Butel
Observer son terrain sous toutes ses coutures. Quand histoire, archéologie, sociologie et anthropologie se croisent
Myriam Akian, Université Paris Cité
Et si l’objet reprenait du terrain ?
Alice Berthon, Université Grenoble-Alpe

PAUSE
18h00 – 20h00 
Projection du film documentaire Prix du jury 2021 au Festival du film documentaire Fenêtres sur le Japon – Auditorium de l’Inalco

空に聞くListening to the air, film documentaire de KOMORI Haruka, 2018, 73 minutes

A la suite de la projection le débat sera animé par Dimitri Ianni, co-organisateur du festival Fenêtres sur le Japon.

Vendredi 25 mars 2022 
Université Paris Cité, bâtiment Grands Moulins salle 481C

10h00 – 11h30
Panel 4 : L’ethnographie dans les études locales
Discutante : Charlotte Lamotte
Réappropriation du savoir ethnographique au Japon — Cas de la fête d”okonai dans le village de Nagoshi (département de Shiga)
Frédéric Lesigne, Université de Strasbourg
Conflits d”histoire locale : les agents de la création des monographies
Jean-Michel Butel, Inalco
Réflexions sur les microbes et rites de commémoration pour leurs âmes célebrés par des scientifiques Japonais (1980-2015)
Mary Picone, EHESS

PAUSE
13h00 – 14h30
L’ethnographie comme méthodologie sur le terrain japonais : débat autour des publications récentes
Avec Naoko Tokumitsu (Les yeux de la ville — Vigilance et lien social. France-Japon, analyses croisées, Maisonneuve & Larose, 2021) et César Castellvi (Le dernier empire de la presse — Une sociologie du journalisme au Japon, CNRS éditions, 2022).
Animé par Jean-Michel Butel
14h30-15h00
 Discussion générale : l’Association interdisciplinaire des ethnographies japonaises — présentation des réalisations et projets
Animée par César Castellvi

Autour du roman graphique “Qin Opéra” (Patayo, 2021): dans la lignée des peintures sur rouleau chinois

par Marie Laureillard, en discussion avec Vincent Durand-Dastès et Estelle Bauer

Dates : Jeudi 17 mars 2022 – 18:30
Lieu : Amphi 7, Inalco, 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris

Il s’agira de présenter le format inhabituel de ce livre de Li Zhiwu et Men Xiaoyan et son style graphique adapté au contenu, tiré d’un roman de Jia Pingwa évoquant le déclin de l’opéra dans la province du Shaanxi. Nous tenterons de montrer la manière dont ce leporello de 20 mètres de long s’inscrit dans la tradition des rouleaux peints chinois.

Le livre chez l’éditeur
Li Zhiwu, Meng Xiaoyan.. “Qin opéra”. Traduction Marie Laureillard, Adaptation Marie Laureillard, Laurent Mélikian, Frédéric Fourreau, Patayo Edition : Nantes, 2022

Postfaces de Vincent Durand-Dastès, professeur de littérature chinoise prémoderne, de Laurent Mélikian, directeur de collection

Visages du cosmopolitisme littéraire dans la Chine moderne

Séminaire de M2 d’Isabelle Rabut
Ouvert également aux doctorants

Le séminaire 2021 sera consacré au modernisme qui s’est développé dans la littérature taïwanaise à partir des années 1950 et aux influences étrangères qui l’ont nourri. La question sera traitée à travers des articles théoriques ainsi que des exemples empruntés à la littérature fictionnelle et à la poésie. Une place sera consacrée également à la critique du modernisme et du cosmopolitisme formulée à la fin des années 1970 lors de la fameuse controverse de la littérature de terroir (xiangtu wenxue lunzhan).

Lieu et horaires : Zoom – le lundi de 14h à 16h

Contacts : isabelle.rabut [@] inalco.fr

Prérequis : bonne capacité de lecture de textes en caractères traditionnels ; connaissances de base sur l’histoire de la littérature taïwanaise.

Sociologie du Japon contemporain

Séminaire de M2 de Kazuhiko Yatabe

Dans le prolongement des réflexions menées ces dernières années autour du bénévolat, nous aborderons cette année la question de l’espace public dont on sait que l’existence conditionne, en Europe, la possibilité d’une politique de la pitié. Comment peut-on le définir dans le cadre de l’univers social japonais ? Comment s’élabore-t-il ? Où se déploie-t-il ? Nous essaierons de l’aborder dans ses deux dimensions, en tant qu’espace public, d’une part, lieu de circulation des points de vue (Jürgen Habermas), et espaces publics, d’autre part, comme éléments propres au monde urbain caractérisé, en temps normal, par l’accessibilité (Isaac Joseph). Une attention particulière sera portée à la façon dont cet espace se trouve mis à l’épreuve dans les situations de crise (séisme du 11 mars 2011, crise sanitaire du Covid 19). Il s’agira notamment de saisir la façon dont la logique communautaire le court-circuite – ou non –, et d’examiner la pertinence de la notion de « symphonic communes » que met en avant la sociologie de Mita Munesuke afin de faire face à un monde désormais caractérisé par l’idée de finitude.  

Lieu :

Contacts :
gdelamotte [@] inalco.fr

Prérequis : Connaissances en sociologie et en anthropologie appréciées