Maître(s) et disciple(s) dans les littératures d’Asie


Pour son Dictionnaire philosophique (PUF, coll. « Quadrige », 2013), André Comte-Sponville donnait, à l’entrée « Maître », la définition suivante : « Celui qui enseigne, guide ou commande. Les trois à la fois ? Pas nécessairement. Cela dépend en partie de lui, de ce qu’il sait ou peut, mais aussi de ceux dont il est le maître : sont-ce des élèves, des disciples ou des esclaves ? »

On le voit, tout est question de personnalité, mais aussi de relations entre des individus aux dispositions et intentions, conscientes ou inconscientes, variables, ce qui laisse ouvert un champ d’observations sans limite. 

Magistralement explorée par Georges Steiner dans ses Lessons of the Masters (2003)la relation maître-disciples est, c’est évident, centrale dans l’histoire de la philosophie ; elle ne l’est pas moins dans celle de la littérature. En effet, Steiner montre bien, avec force exemples (de Gœthe à Herman Hesse, d’Abélard à Henry James), dans un ouvrage à l’érudition foisonnante devenu en français Maîtres et disciples, comment, en plus des textes philosophiques stricto sensu, la littérature occidentale a depuis toujours exploré cette thématique. D’autres études et essais sont venus depuis compléter cette vision et en élargir encore un peu plus les horizons, notamment du côté de la riche production asiatique (voir Jean Lévi, 2013), mais beaucoup reste encore à découvrir.

C’est donc à poursuivre cette exploration que la revue Impressions d’Extrême-Orient invite les connaisseurs des corpus asiatiques et maîtrisant une de ses langues (chinois, japonais, coréen, vietnamien, hindi, thaï). Ce que nous attendons de ceux qui seront tentés par l’aventure, à la fois de traduction et de présentation, c’est avant tout la révélation de textes littéraires encore inédits qui explorent, d’une manière ou d’une autre, cette thématique.

Date limite de réception des propositions : 1er septembre 2020

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