Penser le Japon moderne 

Animateurs : MM. Emmanuel Lozerand et Michael Lucken (Inalco-Ifrae)

Objectif : Formation des doctorants et jeunes chercheurs à la réflexion théorique critique.

Destiné principalement, mais non exclusivement, aux doctorants et aux postdocs de l’Ifrae. Ouvert également aux étudiants de M2 recherche motivés, ainsi qu’à tous les collègues intéressés.

Thématique générale :
Essayer de mieux penser les caractéristiques du Japon moderne (au sens large, du 19e à aujourd’hui).
Considérer, sans limitation de domaines (art, politique, religion, littérature, société…), les « œuvres » (au sens large : œuvres d’art, mais aussi lois, institutions, pratiques…) comme les produits d’une imagination spécifique dont on cherchera à inventorier les formes et à comprendre les dynamiques.

Trois/quatre séances par an.

Pour 2021-2022 :

  • Séance inaugurale : mardi 4 octobre 14h-17h, Salle Silvestre de Sacy, Maison de la recherche
    “L’imagination japonaise moderne”
    Michael Lucken : “Sōzō ou les lignes de force de l’imagination japonaise : à partir de l’œuvre de Miyazaki Hayao”
    Emmanuel Lozerand : Les formes de l’imagination (japonaise) moderne
    Discussion générale
  • 2e séance : jeudi 15 décembre 9h30-12h30, Salle Silvestre de Sacy, Maison de la recherche
  • une séance en février/mars (à fixer)
  • une séance en mai/juin (à fixer)

Les séances ont lieu « en présence », rue de Lille, à la Maison de la recherche.

Les jours de la semaine et les horaires ne seront pas fixes pour éviter des impossibilités récurrentes.

Un lien Zoom sera néanmoins fourni (sur demande) à ceux qui ne peuvent venir sur place, et les enregistrements Zoom seront mis à disposition des personnes intéressées.

Possibilité et limites d’une philosophie photographique

Lucken, Michael. « Possibilité et limites d’une philosophie photographique. Une lecture de Nakai Masakazu », Archives de Philosophie, vol. 85, no. 1, 2022, pp. 67-84.

Lien direct vers la publication (payant) → CAIRN

Saisie, prise, captation ; shooting en anglais ; satsuei en japonais ; çekim en turc : l’opération de la caméra est largement rendue par des expressions relevant du lexique de la préhension et de la prédation. Des camera obscura dont les appareils photographiques sont les lointains descendants auraient pourtant pu subsister, comme par rémanence, des images de caresses, de corps qui se frôlent et s’enlacent sans se fondre, mais dans la plupart des langues domine le registre de la conquête et de l’assimilation. Peut-on s’extraire de cette logique et comment ?
Il y a là un problème de fond. Si la caméra est cet appareil sans âme qui indexe de façon mécanique et coordonnée toute projection lumineuse sur une surface photosensible, alors ce qui en émane, telle une variation du paradoxe d’Achille et de la tortue, ne peut être qu’une série de points infiniment mesurables et sécables dont le rapport au réel comprend un vice fondamental. Par extension, la photographie n’est pas seulement une image de nature inférieure, elle introduit aussi, plus que toute autre technique de représentation, une coupure dans le regard. Ou, pour le dire de façon classique, elle engendre une séparation entre le sujet et l’objet, et tous les rapports de domination et d’aliénation qui l’accompagnent. Au sujet, un sentiment de possession au monde, mais sans cesse des réalisations qui lui échappent et se dressent contre lui ; à l’objet, une monstruosité croissante au fur et à mesure que la logique industrielle s’éloigne des besoins humains… (Source : CAIRN)

Michael Lucken, professeur à l’Inalco, est un historien et japonologue français. Auteur de la seule monographie en français sur Nakai (Nakai Mazakazu – Naissance de la théorie critique au Japon, Les presses du réel, 2016), il a publié de nombreux travaux sur l’histoire culturelle et artistique du Japon au XXe siècle. Partisan d’une approche esthétique de l’histoire, il s’intéresse à la circulation des formes, aux effets de ressemblances, aux changements de perspective, cherchant ainsi à éprouver les possibilités d’une communauté du sens.

Introduction à l’esthétique

→ Le livre chez l’éditeur

Première traduction en français d’une œuvre du philosophe japonais, ce livre, pensé à partir de la photographie et du cinéma, propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu’il implique.

L’œuvre de Nakai Masakazu (中井正一1900-1952) offre un nouveau regard japonais sur l’art, la technique et le monde contemporain. Loin de tout particularisme culturel et cependant profondément originale par rapport aux conceptions occidentales du beau, Introduction à l’esthétique permet de découvrir un univers sans double-fond, tout en surfaces et reflets, où se rejoignent intimement matérialisme et phénoménologie. Pensé à partir de la photographie et du cinéma, en dialogue avec Cassirer, Heidegger, Marx et les auteurs de l’École de Francfort, ce livre propose une esthétique de la résistance et du rebond indissociable du corps et des luttes qu’il implique.
Traduit du japonais, annoté et présenté par Michael Lucken, historien et professeur à l’Inalco, avec une préface de Carole Maigné, philosophe et professeure à l’Université de Lausanne. (source : Les presses du réel)

Michael Lucken, professeur à l’Inalco, est un historien et japonologue français. Auteur de la seule monographie en français sur Nakai (Nakai Mazakazu – Naissance de la théorie critique au Japon, Les presses du réel, 2016), il a publié de nombreux travaux sur l’histoire culturelle et artistique du Japon au XXe siècle. Partisan d’une approche esthétique de l’histoire, il s’intéresse à la circulation des formes, aux effets de ressemblances, aux changements de perspective, cherchant ainsi à éprouver les possibilités d’une communauté du sens.

Masakazu Nakai (Nakai Masakazu ou Nakai Shōichi, 1900-1952) est un philosophejaponais, l’un des pionniers de la critique des médias, du cinéma et du sport au Japon. Du fait de ses références et de sa sensibilité – il a connu la crise du bouddhisme, la montée du fascisme, la prison, le bombardement de Hiroshima et l’occupation américaine –, il a souvent été rapproché de Walter Benjamin. Son œuvre a profondément marqué les mouvements de contre-culture des années 1960.